Fukushima ! À la recherche des coeurs perdus! Un robot pour tenter de localiser les coriums fondus, s’ils sont encore là…car là aussi on nous a tellement menti!

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NUCLÉAIRE

À Fukushima, un robot sous-marin explore le troisième réacteur noyé de la centrale

Dans les réacteurs n°1, 2 et 3 sinistrés de Fukushima, remplis d’eau radioactive, le robot sous-marin téléguidé Mini-Mambo prend le relais là où l’être humain ne peut suivre : au fin fond des cuves immergées (et dangereusement radioactives). Objectif ? Localiser les cœurs fondus.

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Tepco

Photographie de la cuve du réacteur n°2 de Fukushima prise par le robot sous-marin Mini-Mambo

TEPCO

PLONGEON. Vendredi 11 mars 2011 : la terre tremble au Japon, entraînant une chaîne de catastrophes dans la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, se soldant par l’entrée en fusion de ses réacteurs. Plus de 6 ans plus tard, de nombreuses incertitudes demeurent. Par exemple, où se trouve désormais le corium (amalgame du cœur de combustible nucléaire avec les différents éléments métalliques tels que la cuve) dans le réacteur numéro 3 de la centrale ? Une question d’importance : le corium, très radioactif, est hautement toxique. Il est théoriquement capable de faire fondre tous les matériaux … et de couler à pic dans les profondeurs en raison de son importante densité, où il occasionnerait des effets inconnus. Pour répondre à ces questions critiques sans faire courir des risques aux vivants, l’exploitant japonais Tepco recourt à Mini-Mambo, un robot sous-marin capable d’explorer les 6 mètres d’eaux contaminées qui baignent le fond de l’enceinte de confinement. Le petit robot a réalisé sa première mission de reconnaissance le 19 juillet 2017.

Un projet conjoint entre l’institut japonais pour le décommissionnement nucléaire et Toshiba

Résistant aux radiations, Mini-Mambo est doté d’une alimentation électrique par câble / Crédits : Toshiba / Irid

Développé par Toshiba et L’Irid (International Research Institute for Nuclear Decommisionning, organisation japonaise pour le décommissionnement nucléaire), le robot-caméra de forme cylindrique mesure 13 cm de diamètre pour 30 cm de long. Son alimentation électrique, ainsi que la transmission des images en direct, est assurée par un long câble étanche. Il est piloté à distance par un opérateur sur la base des images reçues. Il assure lui-même l’éclairage des clichés à l’aide de lampes LED frontales. « Nous avons déjà développé de nombreux robots pour les besoins de l’enquête de Fukushima« , évoque Goro Yanase, reponsable du programme systèmes nucléaires chez Toshiba. « Mais c’est la première fois que nous devons le faire pour l’accès à une zone confinée et inondée, dans un environnement de radioactivité intense ».

Vidéo de présentation de Mini-Mambo par Toshiba

Les dernières barrières de confinement ont-elles sauté ?

Verdict ? Le robot submersible a saisi de nombreux clichés lors de son saut dans le grand bain, mais pour l’instant pas (encore) d’éléments permettant de localiser le cœur fondu. En février et mars 2017, les inspections des réacteurs 1 et 2 par des robots n’avaient pas donné les résultats espérés. Seuls les résultats d’analyse d’une masse sombre dans le réacteur 2 en janvier 2017 pourraient fournir quelques précisions sur la localisation du corium. Le robot devrait donc replonger afin de poursuivre ses investigations. Comparativement aux réacteurs 1 et 2, le réacteur 3 est celui dont le combustible fondu est tombé le plus profondément dans l’enceinte de confinement, estime Tepco, sans savoir exactement où il se trouve. Afin de démanteler la centrale, il faudra réaliser un état des lieux précis de chaque réacteur. L’assainissement de la centrale Fukushima Daiichi devrait prendre au moins 40 ans.

BARRIÈRES  DE SÉCURITÉ. En cas d’accident nucléaire, plusieurs barrières sont superposées afin d’assurer le confinement de la matière fissile et des sous-produits radioactifs. Elles sont au nombre de 3 : la gaine de protection des barrettes (on parle de « crayons ») de combustible, les circuits de refroidissement à eau, et enfin l’enceinte de confinement, usuellement constituée d’une large épaisseur de béton. Dans le cas d’une centrale de type REB (c’est à dire à eau bouillante) comme les réacteurs 1 à 3 de Fukushima, il n’y a qu’un seul circuit d’eau utilisé à la fois pour le refroidissement et la génération de vapeur qui alimente une turbine électrique. Elle est ensuite refroidie via un condenseur, le tout en circuit fermé.

Vue en coupe d’un réacteur à eau bouillante REB, de type Mark-1 (utilisé sur les réacteurs 1 à 3 de Fukushima) / Crédits : GE

 

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