Le médiateur: «le chèque énergie va donner plus de liberté aux consommateurs»! Et vous, vous en pensez quoi?

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Le chèque énergie élargi à tous les départements au 1er janvier 2018

Le chèque énergie élargi à tous les départements au 1er janvier 2018

Dans une interview accordée à Libération ce 18 septembre, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a dévoilé plusieurs mesures d’accompagnement du plan climat. Parmi elles, le «chèque énergie», mesure qui lui tient à cœur et remplace les «tarifs sociaux à l’énergie».

Prime au changement de véhicule, chèque énergie, aide à l’achat d’une chaudière… Nicolas Hulot souhaite bien «accélérer la mise en œuvre de l’accord de Paris», suite à l’annonce de toutes ces réformes, s’adressant particulièrement aux revenus les plus modestes.

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Déjà distribué dans quatre départements français (l’Ardèche, l’Aveyron, le Pas-de-Calais et les Côtes d’Armor), «le chèque énergie sera bien élargi à tous les départements le 1er janvier 2018», précise le secrétaire d’État auprès de Nicolas Hulot, Sébastien Lecornu. Cette mesure lancée en 2016 par Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, devrait donc être étendue à quatre millions de ménages, contre 170.000 aujourd’hui. «C’est une mesure conséquente, j’y tiens beaucoup», précise Nicolas Hulot dans son interview. En France, près de 12 millions d’habitants souffrent de précarité énergétique, précise l’AFP.

● Le «chèque énergie», qu’est-ce que c’est?

Défini en fonction du revenu fiscal du ménage, le chèque énergie doit permettre de couvrir une partie des factures d’énergies (électricité, gaz, fioul…). Le montant du chèque sera compris entre 48 et 227 euros par an, a annoncé Nicolas Hulot, reprenant les chiffres déjà proposés par Ségolène Royal. Selon Sébastien Lecornu, «pour un couple avec deux enfants, ayant un revenu annuel de 11.500 euros, le chèque énergie représentera en 2018, 227 euros pour payer les factures d’énergie». Aujourd’hui, les tarifs sociaux de l’énergie prévoient 147 euros pour ce cas de ménage, soit 80 euros de moins.

Une fois généralisé à toute la France, son coût global sera de 600 millions d’euros avait annoncé Ségolène Royal. Ce chèque concerne les ménages avec deux enfants, touchant moins de 16.100 euros, et les célibataires touchant moins de 7500 euros.

● Quel changement par rapport aux ambitions de Ségolène Royal?

Nicolas Hulot reprend les bases de ce qu’avait annoncé Ségolène Royal en 2016. Seulement, le ministre hérite d’une plus grande responsabilité: l’élargir à tous les départements français, et à quatre millions de foyers. De plus, le ministre annonce qu’à partir de 2019, le «chèque énergie sera revalorisé et passera à 200 euros par an en moyenne», et non plus 150 euros. Le coût global de la mesure passerait ainsi de 600 à 800 millions d’euros, selon les estimations initiales de Ségolène Royal, si on y ajoute les 50 euros supplémentaires aux quatre millions de foyers.

«Nous sommes très contents de cette décision» a réagi Frédérique Coffre, directrice générale du Médiateur de l’énergie. Enfin, pour Sébastien Lecornu, «il y a en France une trajectoire d’augmentation de la fiscalité carbone, le chèque énergie permettra donc d’accompagner les Français dans la transition énergétique».

En 2014, selon le ministère de l’écologie, la facture d’énergie moyenne des ménages était de 2980 euros.

Le médiateur: «le chèque énergie va donner plus de liberté aux consommateurs»

Le médiateur: «le chèque énergie va donner plus de liberté aux consommateurs»

À compter de 2018, le chèque énergie, actuellement en phase de tests, remplacera les actuels tarifs sociaux du gaz et de l’électricité. Face aux critiques, Jean Gaubert, le médiateur national de l’énergie, défend cette mesure.

LE FIGARO. -Quelles sont exactement les critiques adressées au chèque énergie?

Jean GAUBERT.-Ce qui est reproché par certains au chèque énergie, ce n’est pas d’être imparfait – ce qui vaut pour tout nouveau dispositif en cours d’expérimentation -, mais bien d’annoncer la fin d’un système en place depuis 10 ans. Comment fonctionnent les actuels tarifs sociaux? Il s’agit d’une aide annuelle au paiement des factures d’électricité et de gaz, décidée par les pouvoirs publics mais directement gérée par les fournisseurs qui la déduisent de la facture de leurs clients. Créées par la gauche en 2000 pour l’électricité et par la droite en 2006 pour le gaz, ces aides – innovantes à l’époque – ont mis des années à devenir effectives et ont dû être réformées plusieurs fois pour aboutir, malgré les efforts, à un système complexe, structurellement inefficace, mais aussi inégalitaire, insuffisant et coûteux.

Ce système des tarifs sociaux a pourtant perduré. Pouvez-vous détailler ses insuffisances à vos yeux?

Complexe et structurellement inefficace, car basé sur plusieurs critères d’éligibilité – aides sociales de santé, critères fiscaux, titulaire du contrat de fourniture… – il nécessite de lourdes opérations de croisements de fichiers entraînant des taux de perte de bénéficiaires importants et persistants. Inégalitaire, car ces tarifs sont réservés aux consommateurs d’électricité et de gaz naturel, à l’exclusion des autres énergies de chauffage. Insuffisant et coûteux, car l’aide annuelle moyenne par énergie stagne autour de 10O euros, quand la facture moyenne est de 1 700 euros.

Revenons au chèque énergie: il est à peine né que certains veulent l’enterrer?

À peine inscrit dans le projet de loi de transition énergétique, le chèque énergie a nourri une pluie de critiques et craintes autour des «droits» dont seraient privés les consommateurs vulnérables. Pourquoi cette fronde? Parce que le chèque énergie est une réforme qui modifie le système en profondeur. C’est un dispositif unique d’aide au paiement des factures d’énergie, valable pour toutes les énergies de chauffage, et même utilisable pour financer l’amélioration énergétique du logement. Il revient à donner au consommateur une liberté inédite: choisir comment et quand utiliser son aide. Pour les consommateurs peu aisés chauffés au fioul par exemple, nombreux en zone rurale ou périurbaine, utiliser le chèque pour remplir la cuve à l’entrée ou au milieu de l’hiver représente sans doute un «plus» appréciable.

Cette réforme intervient alors que le marché de l’énergie est en pleine libéralisation. Comment faire coïncider les deux univers, dérégulation d’une part, protection sociale d’autre part?

La réforme apporte aussi des corrections plus qu’utiles au système hérité des lois de libéralisation, tout en préservant les droits liés au bénéfice de l’aide sociale. D’abord, et c’est important, il est «euro compatible», la Commission européenne souhaitant interdire les aides aux consommateurs vulnérables liées à la facture d’énergie. En termes pratiques, l’aide repose sur un seul critère d’attribution – les revenus fiscaux du foyer dans le logement – et un fichier d’éligibles unique. Parallèlement, sa gestion, confiée à une structure publique, est plus lisible, plus simple, et moins coûteuse! Soulignons la rapidité de la mise en place de l’expérimentation après l’adoption de la loi à l’été 2015, et de l’envoi des 170.000 chèques aux bénéficiaires en mai dernier. En moins de 6 mois, dans les Côtes-d’Armor, mon département d’origine, l’aide a ainsi bénéficié à davantage de ménages précaires qu’en 10 ans avec les tarifs sociaux.

Combien de ménages sont concernés par le chèque énergie?

L’autre grande avancée du système des chèques énergie est qu’elle touche 38% de ménages de plus, et son montant moyen est un peu plus élevé, à hauteur de 150 euros. Après sa généralisation en 2018, elle doit bénéficier à près d’un million de ménages supplémentaires. Alors certains jonglent avec les chiffres, mélangeant et confondant tout, mettant en avant les perdants, en oubliant de parler de la majorité silencieuse des gagnants… et de rappeler qu’une expérimentation sert, précisément, à améliorer une réforme. Oui, le chèque devra être amélioré avec le temps, en particulier sur son montant, ou la garantie du bénéfice des droits liés, lors de la trêve hivernale par exemple. La leçon à retenir, c’est que dans ce pays, tout le monde demande de la simplification, mais quand une mesure va dans ce sens – et c’est le cas du chèque énergie -, on l’accuse immédiatement de tous les vices!

Le financement n’aurait il aucun rapport avec ceci des fois? La privatisation macronienne ne fait que commencer, et pour faire avaler la pilule,  un p’tit cadeau pour les pauvres…attention cependant! La chute finale risque d’être brutale!

http://www.lefigaro.fr/societes/2017/09/05/20005-20170905ARTFIG00348-l-etat-cede-41-d-engie-et-touche-15milliard-d-euros.php

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