Comment la théorie du complot couvre les crimes occidentaux!

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Comment la théorie du complot couvre les crimes occidentaux


Par Nicolas Bonnal − Le 27 septembre 2017 − Source nicolasbonnal.wordpress.com

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On connaît Ron Unz, prestigieux polymathe américain, et son tempétueux site savant et antisystème. Il s’interrogeait récemment sur la théorie de la conspiration, et voici ce qu’il écrit à propos du fameux alunissage de 1969 :

« Il y a un ou deux ans, j’ai vu le très intéressant film de science-fiction Interstellar, et bien que l’intrigue ne fût pas terrible, une première scène s’avérait quand même amusante. Pour diverses raisons, un gouvernement américain du futur a prétendu que nos débarquements lunaires de la fin des années 1960 avaient en fait été montés de toutes pièces, une manipulation visant à gagner la guerre froide. Cette inversion de la réalité historique a été acceptée comme une vérité par presque tout le monde, et quelques personnes qui affirmaient que Neil Armstrong avait vraiment mis les pieds sur la Lune étaient universellement ridiculisées comme des ‘théoriciens du complot un peu dingues’. Cela me paraît une représentation réaliste de la nature humaine. »

La conspiration est partout, mais c’est aux médias et aux experts (sacrés experts…) de décréter quelle analyse sera considérée vraie, quelle autre sera baptisée théorie de la conspiration :

« Autrement dit, il existe de bonnes ‘théories du complot’ et de mauvaises ‘théories du complot’, les premières étant celles promues par les experts des émissions de télévision traditionnelles et n’étant donc jamais définies comme telles. Je plaisante parfois avec des gens sur l’hypothèse que si la propriété et le contrôle de nos stations de télévision et d’autres grands médias changeaient soudainement, le nouveau régime d’information ne nécessiterait que quelques semaines d’efforts concertés pour que le crédule public américain change complètement d’avis sur toutes nos ‘théories du complot’ les plus célèbres. »

L’abrutissement médiatique (affirmation/répétition) disait Gustave Le Bon dans sa psycho de la foule) garantit la version-système de la réalité. Rappelons  que Murray Rothbard a écrit la même chose pour l’histoire. « La version officielle-étatique triomphe dans les programmes scolaires », et le reste est jeté à la poubelle, « estampillé théorie de la conspiration » :

« En conséquence, au moment où nous attaquions l’Irak en 2003, les sondages  révélaient que 70% des citoyens américains croyaient que Saddam était personnellement impliqué dans la destruction de notre World Trade Center. À cette date, je ne doute pas que de nombreux millions d’Américains, patriotes mais faiblement informés, auraient dénoncé et vilipendé avec colère comme un ‘théoricien du complot un peu dingue’, quiconque aurait la témérité de suggérer que Saddam n’était pas impliqué dans le 11 septembre. »

Ron Unz rappelle que la CIA a inventé dans les années soixante l’expression pour déconsidérer les mécontents de l’explication officielle :

« Une importante divulgation de la FOIA, révélait que la CIA était très probablement responsable de l’introduction généralisée de la ‘théorie du complot’… en tant que moyen de contrôle des dégâts, la CIA a distribué un mémo secret à tous ses bureaux extérieurs, leur demandant qu’ils envoient des messages aux médias pour ridiculiser et attaquer les critiques et les faire passer pour des partisans irrationnels de ‘la théorie du complot’. »

Découvrez le regretté Ulfkotte, « mort mystérieusement » et son livre sur la CIA et la presse allemande, encore disponible (en allemand) sur archive.org.

Unz rappelle que le grand historien Charles Beard, taxé de révisionniste et de pacifiste, a été évacué, et remplacé par deux experts européens, Strauss et l’inévitable Popper − qui plagia Henri Bergson :

« À l’époque de la Seconde Guerre mondiale, un changement important dans la théorie politique a entraîné une énorme baisse de respectabilité de toute explication 4complotiste4 des événements historiques. Pendant des décennies avant ce conflit, l’un de nos savants et intellectuels publics les plus importants avait été l’historien Charles Beard, dont les écrits influents avaient fortement mis l’accent sur le rôle néfaste de diverses conspirations menées par l’élite dans l’élaboration de la politique américaine, au profit de quelques-uns et aux dépens du plus grand nombre, avec des exemples allant de l’histoire des États-Unis la plus ancienne  jusqu’à l’entrée de la nation dans la Première Guerre mondiale. »

Or Beard ne convenait pas aux élites surtout après 1941 :

« Cependant, Beard fut un adversaire important de l’entrée américaine dans la Seconde Guerre mondiale et a donc été marginalisé dans les années qui ont suivi, jusqu’à sa mort en 1948. De nombreux jeunes intellectuels publics d’une tendance similaire ont également subi le même sort, ont été discriminés et se sont vus refuser tout accès aux médias traditionnels. »

Extension du popperisme… On fit donc entrer en lice ces deux loups garous, sortis d’un roman d’espionnage, qui allaient inspirer néocons et lobbies LGBT :

« Parallèlement, les perspectives totalement opposées de deux philosophes politiques européens, Karl Popper et Leo Strauss, progressaient dans les milieux intellectuels américains et leurs idées sont devenues dominantes dans la vie publique. »

Karl Popper, qui a insulté toute sa vie la philosophie européenne, Platon, Hegel, Heidegger (ça, un prof de philo ? Il n’avait qu’à lire Kojève s’il ne comprenait pas Hegel), a créé les conditions intellectuelles de la diabolisation-système :

« Popper, le plus influent, a présenté des objections larges et très théoriques à la possibilité même que des conspirations de haut niveau puissent exister, affirmant qu’elles seraient difficiles à mettre en œuvre compte tenu de la faillibilité des agents humains ; ce qui pourrait apparaître comme une conspiration serait en réalite du à des acteurs individuels poursuivant leurs objectifs personnels. Plus important encore, il considérait les ‘croyances complotistes’ comme une maladie sociale extrêmement dangereuse, facteur majeur de la montée du nazisme et d’autres idéologies totalitaires mortelles. »

La subtile Reductio ad Hitlerum ….

Puis Ron Unz établit un intelligent distinguo entre les attitudes des deux prestigieux « intellectuels » de la postmodernité élitiste et conquérante :

« Strauss, une figure fondatrice de la pensée néo-conservatrice moderne, était tout aussi sévère dans ses attaques contre l’analyse complotiste, mais pour des raisons opposées. Dans son esprit, les conspirations menées par l’élite étaient absolument nécessaires et bénéfiques, une défense sociale cruciale contre l’anarchie ou le totalitarisme, mais leur efficacité dépendait évidemment du fait que les regards indiscrets des masses ignorantes ne s’y fixent pas. »

Strauss est moins sot que Popper. Donc ;

« Son principal problème avec les ‘théories du complot’ n’était pas qu’elles étaient toujours fausses mais qu’elles pouvaient souvent être vraies et, par conséquent, leur propagation était potentiellement perturbatrice pour le bon fonctionnement de la société. Donc, par légitime défense, les élites ont besoin de supprimer activement ou, au moins, de géner les recherches non autorisées sur les conspirations présumées. »

Unz rappelle la nuisance des deux compères :

« Popper est probablement l’un des fondateurs de la pensée libérale moderne, avec un individu aussi influent politiquement que le financier libéral de gauche George Soros qui prétend être son disciple intellectuel. Les penseurs néo-conservateurs qui ont dominé totalement le Parti républicain et le mouvement conservateur au cours des dernières décennies empruntent aussi souvent leurs idées à Strauss. »

C’était la fin intellectuelle de Beard :

« Ainsi, grâce à un mélange de pensée poppérienne et straussienne, la tendance américaine traditionnelle à considérer les conspirations menées par l’élite comme un aspect réel mais néfaste de notre société a été progressivement stigmatisée comme étant paranoïaque ou politiquement dangereuse, posant les conditions pour son exclusion du discours conventionnel. »

Unz évoque ensuite le rôle sinistre de Richard Hofstader, sorte de BHL des années soixante :

« En 1964, cette révolution intellectuelle était en grande partie achevée, comme en témoigne la réaction extrêmement positive à l’article célèbre du politologue Richard Hofstadter qui critiquait le soi-disant ‘style paranoïaque’ dans la politique américaine, qu’il dénoncait comme la cause sous-jacente de cette grande croyance populaire en des théories complotistes peu plausibles. »

Ron Unz (qui fut candidat au poste de gouverneur dans les années 90) rappelle que de toute manière tout est lié au contrôle des médias-système :

« Mes vues ont été façonnées par les récits médiatiques plutôt conventionnels que j’ai absorbés. Par conséquent, pour presque toute ma vie, j’ai automatiquement rejeté toutes les ‘théories du complot’, les trouvant ridicules et trop éloignées de toute réalité. »

Il ajoute :

« Un contrôle substantiel des médias est presque toujours une condition préalable absolue à toute conspiration. Donc, pour évaluer la plausibilité d’une conspiration, la première question à se poser est de savoir qui contrôle les médias. »

Marchands d’armes, banques, gouvernement…

Il revient à la paranoïa antirusse de notre époque débile :

« Au contraire, la probabilité d’une conspiration russe à grande échelle se déroulant dans la zone opérationnelle de ces organes médiatiques est pratiquement nulle. En effet, nous sommes constamment bombardés d’histoires de présumées conspirations russes qui semblent être des ‘faux positifs’, des allégations terribles mais reposant visiblement sur peu de base factuelle ou étant même totalement ridicules. Alors même que le pire genre de conspiration antirusse se déroule ouvertement sans déclencher le moindre commentaire ou enquête médiatique importante. »

Oui, il n’y a pas de conspiration russe, mais antirusse, qui servira à déclencher comme en 1939 une énième, peut-être finale, guerre en Europe !

Notes

Je redonne un extrait de ma bibliographie libertarienne (Mises.org) :

  • Murray Rothbard, « Le manifeste libertarien ». Ses pages sur l’histoire diplomatique sont extraordinaires de culot, de bon sens et d’autorité. Il exonère Staline pour la Guerre Froide, comme Ralph Raico d’ailleurs ! On peut lire aussi son livre sulfureux sur « Wall Street et les banques ». Enfin, bien sûr, Rothbard irrépressible, où il défend sa conception de la culture et du cinéma, qui est la mienne ; et le film de Corneau Tous les matins du monde.
  • Ralph Raico, « Les grands leaders et les grandes guerres ». Ces grands leaders sont tous des catastrophes car pour devenir un grand président, il faut la guerre, civile ou mondiale. Le benêt Wilson, Lincoln, Roosevelt, etc. sont restés dans les mémoires grâces à leur horreurs.
  • John Denson, « Les reconsidérations sur la présidence ». Livre collectif et splendide sur la montée du totalitarisme américain. Belle contribution de l’universitaire Michael Levin, sur le président comme ingénieur social, saboteur des études et des armées.
  • « Les coûts de la guerre, essai sur les victoires pyrrhiques de l’Amérique ».  Merveilleux ouvrage collectif. Edité encore par John Denson.
  • « La Guerre perpétuelle pour une paix perpétuelle » par Harry Elmer Barnes. J’ai évoqué Frédéric Sanford sur la manière dont Roosevelt empêcha un règlement européen et anti-hitlérien à Munich.
  • « Thomas Di Lorenzo. Lincoln », qui montre ce que tous les lecteurs de mémorialistes savaient : Lincoln détraqué, homme du business et des tarifs douaniers, fanatique étatique de la loi, et qui prépara sur les cendres du vieux sud le désordre nouveau américain.

Nicolas Bonnal

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