Energie : une nouvelle centrale pointée du doigt par le gendarme du nucléaire! Décidément !

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Energie : une nouvelle centrale pointée du doigt par le gendarme du nucléaire

>Economie|Erwan Benezet @erwanbenezet|21 octobre 2017, 8h34|MAJ : 21 octobre 2017, 12h54|2
Belleville-sur-Loire (Cher). La centrale nucléaire a été mise en service en 1987 et 1988.

PHOTOPQR/« LE BERRY RÉPUBLICAIN »/STÉPHANIE PARA

L’Autorité de sûreté nucléaire a rendu un rapport sévère sur l’état de la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher). Résultat : le site a été mis sous surveillance.

Des travaux abandonnés et pourtant obligatoires, des canalisations rouillées qui fuient, des vannes laissant échapper de la vapeur avec un risque de contamination radioactive, des systèmes d’alimentation électrique de secours dont le fonctionnement peut faire défaut en cas d’accident… Ce ne sont que quelques-uns des nombreux exemples de dysfonctionnements constatés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) lors d’une «inspection renforcée» menée les 4 et 5 avril à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher).

 

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Cette inspection a donné lieu à un rapport au vitriol, que nous nous sommes procuré. Le rapport, rédigé par les inspecteurs avant d’être confié au chef de la division d’Orléans de l’ASN, Pierre Boquel, a été envoyé un mois après les deux jours d’inspection, le 12 mai, au directeur de la centrale. Mais l’ASN n’en est pas restée là. Au vu des éléments que le rapport contenait, le gendarme du nucléaire a décidé d’enclencher une «mise sous surveillance» du site à partir du 13 septembre. Une mesure exceptionnelle et loin d’être anodine. «La dernière centrale nucléaire à avoir été placée dans une telle situation était celle de Chinon, en Indre-et-Loire, par deux fois, en 2013 et en 2015», précise EDF.

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Un plan de rigeur déjà demandé en 2016

 

«Une première série d’inspections en 2016 avait déjà montré un niveau de qualité de la maintenance et du matériel en baisse, confie Pierre Boquel. A l’époque, nous avions demandé à EDF de mettre en place un plan de rigueur mais les résultats ne sont pas apparus satisfaisants.» Le rapport évoque ainsi des «dégradations significatives» de certaines pièces pourtant essentielles à la sûreté, comme les générateurs de vapeur, par exemple. Des sortes de cocottes-minute hautes de 14 m et pouvant peser 120 t, soumises à de gigantesques contraintes de température et de pression. Les inspecteurs ont constaté des problèmes d’étanchéité au niveau de certaines vannes. Des risques de fuites radioactives ne sont pas à exclure.

 

Toujours selon le rapport, Belleville, dont les deux réacteurs ont été mis en service en 1987 et en 1988, présente d’autres points noirs. Ainsi, certains plans de la centrale ont été… égarés. L’utilisation de la sous-traitance est également mise en cause. Et comme précédemment dans d’autres centrales, la situation des diesels de secours, présentant «un état dégradé», pose question. Contacté, EDF parle de «signaux faibles», et met en avant le renforcement du «facteur humain». «La présence d’équipes encadrantes sur le terrain a été doublée depuis le début de l’année», souligne-t-on au siège. L’association Sortir du nucléaire s’est néanmoins saisie du dossier et a déposé plainte hier contre EDF et le directeur de la centrale pour « infraction à la réglementation relative aux installations nucléaires de base et au Code du travail ».

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