Près de quatre semaines après que l’ouragan Maria a dévasté l’île de Porto Rico, les médecins œuvrent toujours dans des conditions « post-apocalyptiques ». Ce que vivent les médecins à Porto Rico est digne d’un roman dystopique 1!

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Porto Rico : les médecins travaillent dans des conditions « post-apocalyptiques »


Par Marc Slavo – Le 18 octobre 2017 – Source SHTFplan.com

Près de quatre semaines après que l’ouragan Maria a dévasté l’île de Porto Rico, les médecins œuvrent toujours dans des conditions « post-apocalyptiques ». Ce que vivent les médecins à Porto Rico est digne d’un roman dystopique 1.
Les médecins effectuent des interventions chirurgicales dans une chaleur étouffante de 35 degrés, les machines à rayons X dysfonctionnent et les médicaments fondent littéralement. « Nous pratiquons une médecine de catastrophe alors que la vie devrait avoir repris son cours normal », a déclaré le Dr William Kotler, un spécialiste de la médecine d’urgence de l’hôpital Florida à Orlando, qui a passé deux semaines comme bénévole sur l’île au début du mois. « Nous improvisons comme nous pouvons, avec très peu de ressources. »
Le Dr Kotler et quatre autres médecins urgentistes du Florida hospital d’Orlando sont arrivés comme volontaires sur l’île dévastée une semaine après l’ouragan Maria, et leur mission vient de se terminer. Ils ont été la première équipe de secours médicaux envoyée par l’hôpital sur l’île. « Nous y sommes allés sans savoir à quoi nous attendre », a déclaré le Dr Julian Trivino, qui faisait partie des premiers bénévoles.
Une deuxième équipe est arrivée le 8 octobre et elle restera deux semaines pour s’occuper de ceux qui ont besoin de soins médicaux. Lorsque les médecins sont arrivés dans la ville d’Aguadilla, à l’extrémité nord-ouest de l’île, l’hôpital local était en mauvais état. L’ouragan avait presque complètement détruit tout le réseau électrique et les communications« Je suis arrivé et on m’a immédiatement confié un patient avec de graves blessures à la tête du fait d’un accident de voiture » a déclaré Trivino, qui est médecin-chef aux urgences.
À cause du manque d’électricité Trivino n’a pas pu faire un scanner, mais il a pu faire une radiographie. Pour voir les radios, il a dû sortir dehors et les regarder à la lumière du soleil. Par la suite, il a dû utiliser l’un des deux téléphones satellites de l’équipe pour organiser le transfert du patient vers un centre de traumatologie.
D’après les médecins une grave crise de santé menace Puerto Rico. « Les centres de traumatologie sont débordés. Les interventions chirurgicales de base sont reportées. J’ai vu des gens perdre des doigts ou des orteils parce qu’on n’a pas pu les opérer à temps », a déclaré Kotler.
Et la chaleur rend les conditions encore plus difficiles. Dans un hôpital de Caroline sur la côte nord-est, Kotler et Trivino ont dû effectuer une opération d’urgence : poser un pacemaker temporaire à une patiente dont le rythme cardiaque était anormalement lent. « Il faisait 35 degrés dans cette salle d’opération. Elle transpirait abondamment et vomissait, a déclaré Kotler. Je lui ai tenu la main et lui ai caressé la tête. C’est tout ce que je pouvais faire pour la réconforter. »
Mais il y a aussi plusieurs patients qu’ils n’ont pas pu sauver. À Aguadilla, c’était un homme de 42 ans en arrêt cardiaque. « Il avait 42° de fièvre. Il était brûlant. Nous avons réussi à trouver un peu de glace pour le rafraîchir », a déclaré Kotler. Mais, il est mort le lendemain. « Si on a une crise cardiaque à Porto Rico, en ce moment, on a peu de chance de s’en tirer », a déclaré Trivino.
Ce n’est pas seulement la chaleur étouffante qui cause cette crise médicale post-apocalyptique. Le manque d’eau potable aggrave les problèmes. Dans une ville, une équipe médicale a trouvé un orphelinat où les enfants étaient au bord de la déshydratation. Les médecins ont fait venir par avion des palettes d’eau en bouteille pour sauver la vie des enfants. À cause du manque d’eau, le Dr Raul Hernandez, un interne basé à San Juan, s’attend à une épidémie et à des décès dus à des maladies provoquées par de l’eau polluée. Il craint que la leptospirose, une maladie bactérienne transmise par l’urine d’animaux infectés tels que les rongeurs, ne se répande dans la population, car les gens assoiffés boivent  tout ce qu’ils trouvent pour survivre, a-t-il dit. Si l’eau contient de l’urine d’un rat infecté, la maladie va se propager, a-t-il dit. Jusqu’à présent, au moins deux décès ont été attribués à la leptospirose à Porto Rico.
Le Dr Miguel Acevedo dirige la deuxième équipe de médecins urgentistes du Florida Hospital. « Ils disent qu’il faudra six à neuf mois pour que l’électricité soit entièrement rétablie à Porto Rico. Aucun hôpital ne peut fonctionner aussi longtemps avec seulement des générateurs », a-t-il dit. Selon Acevedo, la situation que les médecins rencontrent à Porto Rico est une situation de type Mad Max. « La réalité ici est post-apocalyptique », a-t-il dit. « Il faut le voir pour le croire. »
Traduction : Dominique Muselet
Liens
Ce texte a aussi été commenté par dedefensa.org : Mad Max à Porto Rico
Note

 

  1. Au contraire de l’utopie, la dystopie relate une histoire ayant lieu dans une société imaginaire difficile ou impossible à vivre, pleine de défauts, et dont le modèle ne doit pas être imité. Exemple : 1984, de G. Orwell, est l’exemple parfait de la dystopie 

 

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