ENVIRONNEMENT! Ce mystérieux nuage radioactif venu de Russie Plus de trente ans après le nuage de Tchernobyl, un autre panache radioactif, heureusement moins dangereux intrigue les experts. La Russie nie toute responsabilité, alors que la zone de rejets radioactifs semble se situer entre la Volga et l’Oural.

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ENVIRONNEMENTCe mystérieux nuage radioactif venu de Russie

Plus de trente ans après le nuage de Tchernobyl, un autre panache radioactif, heureusement moins dangereux intrigue les experts. La Russie nie toute responsabilité, alors que la zone de rejets radioactifs semble se situer entre la Volga et l’Oural.

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  • Le 11/11/2017 à 10:55
  • mis à jour à 11:23
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L’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a fait des simulations qui montrent la zone probable des rejets : le point rouge qui situe l’émission en Russie.  Carte IRSNL’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) a fait des simulations qui montrent la zone probable des rejets : le point rouge qui situe l’émission en Russie. Carte IRSN.

Un nuage radioactif a survolé la France fin septembre et début octobre. Il n’a pas eu de conséquence sanitaire pour les Français, contrairement à celui de Tchernobyl en 1986, mais son origine mystérieuse pose beaucoup de questions. À partir des relevés effectués en France, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) estime que la source de rejet de ruthénium-106, une matière très radioactive, se situe très probablement en Russie.

Les experts confirment que le nuage n’a pas eu d’impact pour la santé humaine ni pour l’environnement en France. « Les valeurs mesurées par le réseau de surveillance dans le sud-est de la France étaient infinitésimales, à la limite du seuil de détection », explique Jean-Christophe Gariel, directeur de la santé à l’IRSN. Les retombées du nuage radioactif de Tchernobyl avaient été autrement plus importantes il y a trente ans, même si les autorités françaises avaient tenté de les minimiser dans un premier temps. L’InVS (Institut de veille sanitaire) estime aujourd’hui que Tchernobyl a pu être responsable de plusieurs dizaines de cancers de la thyroïde dans l’est de la France à partir de 1991.

Dans le cas de la fuite de ruthénium-106, l’IRSN s’étonne de l’opacité qui entoure la source du rejet. « Une grande quantité de matière radioactive est partie dans l’atmosphère. Ce n’est pas un accident majeur comme Tchernobyl ou Fukushima, mais il est loin d’être négligeable », commente Jean-Christophe Gariel. Face à un accident de cette importance en France, les autorités auraient ordonné l’évacuation ou le confinement de la population dans un rayon de plusieurs kilomètres, ainsi que le retrait des produits agricoles sur quelques dizaines de kilomètres.

L’hypothèse d’un satellite retombé sur terre écartée

L’IRSN affirme que la zone de rejet la plus plausible se trouve « entre la Volga et l’Oural », mais la Russie nie tout accident sur son territoire. Faut-il croire le Kremlin, peu habitué à la transparence sur un sujet aussi sensible que le nucléaire ?

Les experts européens en sont donc réduits à émettre des hypothèses. Seule certitude : les rejets ne proviennent pas d’un réacteur nucléaire, car une fuite aurait libéré plusieurs éléments radioactifs et pas uniquement du ruthénium-106. « Il peut s’agir d’une usine de retraitement du combustible usagé ou d’une installation de fabrication de sources radioactives utilisées dans le domaine médical », avance le directeur de la santé à l’IRSN. L’hypothèse d’un satellite équipé d’un générateur au ruthénium-106 qui serait retombé sur terre a été écartée par l’Agence internationale de l’énergie atomique. Aucun satellite de ce type n’est rentré dans l’atmosphère fin septembre.

La Criirad, le laboratoire indépendant de Valence (Drôme) qui avait été le premier à s’alarmer du nuage de Tchernobyl en 1986, reproche aux États européens leur passivité après cette mystérieuse fuite radioactive. « Il faut mobiliser tous les moyens pour déterminer précisément l’origine des rejets et peser pour que les populations proches bénéficient de mesures de protection, même si elles sont tardives », déclare Bruno Chareyron, le directeur de la Criirad.

Luc Chaillot

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