Sécurité routière: le tour de vis du gouvernement en détail : le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé la baisse de la vitesse maximale autorisée à 80km/h sur les routes secondaires, et ce à partir du 1er juillet. Autres mesures phares: la suspension du permis de conduire en cas d’infraction commise avec un téléphone en main au volant, et le renforcement de l’utilisation des éthylotests antidémarrage. Certains devraient réfléchir avant d’acquérir des véhicules neufs, donc puissants! Le jeu en vaut il encore la chandelle ? Vais revenir à la bonne vieille heureux, moi😃! D’ailleurs on en revoit de plus en plus, super!

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Sécurité routière: le tour de vis du gouvernement en détail..

09/01/2018 à 18h27

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A l’issue du Comité interministériel de la sécurité routière qui s’est tenu ce mardi, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé la baisse de la vitesse maximale autorisée à 80km/h sur les routes secondaires, et ce à partir du 1er juillet. Autres mesures phares: la suspension du permis de conduire en cas d’infraction commise avec un téléphone en main au volant, et le renforcement de l’utilisation des éthylotests antidémarrage.

A partir du 1er juillet prochain, la vitesse maximale autorisée sur les quelque 400.000 kilomètres de routes secondaires en France sera bien abaissée à 80km/h. Annoncée à l’issue d’un Comité interministériel de la sécurité routière(CISR), qui s’est tenu ce 9 janvier, le Premier ministre Edouard Philippe a donc confirmé cette mesure qui était dans les tuyaux depuis le mois de décembre.

  • « Modifier durablement les comportements des conducteurs »

Au-delà de la baisse de la vitesse maximale autorisée, c’est tout un arsenal, 18 mesures au total, que le gouvernement d’Edouard Philippe compte mettre en place d’ici à l’été, avec un objectif: « refaire de la sécurité routière un enjeu national de première importance », expliquait-on il y a quelques jours dans l’entourage du Premier ministre.

« L’insécurité routière n’est pas une fatalité, nous avons besoin de résultats, car nous venons de connaître trois années consécutives de hausse de la mortalité routière », a martelé Edouard Philippe lors de sa conférence de presse ce mardi après-midi. « Notre obsession est que plus de vies soient épargnées et sauvées sur les routes. Seules sont suffisamment efficaces les mesures de rupture, qui modifient durablement les comportements de conducteurs ».

  • La vitesse abaissée à 80km/h sur les routes secondaires

C’est la mesure qui a cristallisé les passions depuis plusieurs semaines. Sur les 400.000 kilomètres de routes bidirectionnelles sans séparation (les départementales et nationales), la vitesse maximale autorisée passera à 80km/h à partir du 1er juillet prochain. Les 2×2 voies, elles, ne seront pas concernées. Le gouvernement estime ainsi sauver jusqu’à 400 vies par an.

« Baisser la vitesse est une mesure de rupture, car c’est la première cause des accidents corporels. Elle est aussi systématiquement un facteur aggravant », a affirmé le Premier ministre lors de sa conférence de presse. « Cela permet donc dans tous les cas de réduire le nombre d’accidents et leur gravité. Cette décision est sans lien avec des décisions financières ».

Les Français ne semblent pas favorables à cette mesure. Selon un sondage RMC-Atlantico, réalisé par Harris Interactive, 59% des personnes interrogées sont contre cette mesure. 83% estiment que l’objectif recherché est avant tout de remplir les caisses de l’Etat. Le Premier ministre semble en être conscient, puisqu’il a donné rendez-vous le 1er juillet 2020 pour évaluer l’efficacité de cette mesure.

Le gouvernement a par ailleurs choisi de créer dès 2019 « un fonds d’investissement pour la modernisation des structures sanitaires et médico-sociales qui sont nécessaires à la prise en charge des accidentés de la route ».

« Ce fonds sera doté de l’intégralité du surplus des recettes perçues par l’Etat liées à l’abaissement des vitesses maximales. Ces sommes permettront de développer très concrètement les services de soins de suite post-réanimation », a précisé Edouard Philippe.

À lire : VRAI – FAUX: les effets d’un passage à 80km/h

Le gouvernement renforce également les sanctions contre l’usage du téléphone portable au volant. Les conducteurs pourront donc voir leur permis suspendu en cas d’infraction commise en même temps que l’usage du téléphone au volant, contre un retrait de 3 points aujourd’hui.

« Lire un message nécessite de quitter la route des yeux pendant 5 secondes pour un message bref. Le véhicule parcourt pendant ce temps 70 mètres à 50km/h, a rappelé Edouard Philippe. Les forces de l’ordre pourront retenir le permis de conduire pour sanctionner l’usage du téléphone en main quand il se double d’une infraction mettant en danger sa sécurité ou celle des tiers. Par exemple, omettre de mettre son clignotant ».

Selon une étude d’Axa Prévention datant de mars 2017, 59% des personnes interrogées reconnaissent utiliser leur portable au volant.

« Même le bluetooth reste dangereux », rappelait à nos confrères de RMC Éric Lemaire, président d’Axa Prévention. « Parce que votre conversation téléphonique provoque une image mentale qui s’installe sur la route. Dans ce cas, votre cerveau ne récupère que 20 à 40% d’informations venant de la route ».

  • De plus en plus d’éthylotests anti-démarrage (EAD) au volant

Autre série de mesures importantes du nouveau plan de sécurité routière: la lutte contre l’alcool et les stupéfiants.

« Ainsi toute personne dont le permis a été retiré pour la 2efois pour alcoolémie ne pourra se le voir retirer qu’à la condition de voir équiper son véhicule d’un EAD et de se soumettre à un suivi médico-psychologique, a poursuivi Edouard Philippe. Les personnes dont le permis a été suspendu pour conduite en état d’ivresse et qui ne sont pas dans une situation de récidive pourront être autorisées à conduire pendant le temps de cette suspension s’ils équipent leur véhicule d’un dispositif d’EAD ».

L’année dernière, 29% des tués sur les routes l’ont été dans un accident impliquant un conducteur alcoolisé, selon le dernier bilan de la Sécurité routière. Avec la vitesse, l’alcool reste ainsi l’une des causes de mortalité les plus importantes sur les routes françaises. Depuis 2016, les éthylotests anti-démarrage étaient testés dans la Drôme, la Marne et le Nord, pour certains automobilistes arrêtés avec une alcoolémie élevée.

Le Premier ministre a également indiqué qu’en cas de contrôle positif à au moins un produit stupéfiant, le véhicule du contrevenant pourra être placé en fourrière pour une durée de 7 jours. Une immobilisation qui concernera aussi les conducteurs sans permis et ceux contrôlé avec un taux d’alcool supérieur à 0,8 gramme.

Les forces de l’ordre pourront par ailleurs « se rendre indéctectables » dans les applications communautaires, non pour des contrôles de vitesse, mais pour des contrôles de stupéfiants. « Ce dispositif technique est en cours d’élaboration avec les forces de l’ordre et les opérateurs privés concernés », a précisé le Premier ministre.

À lire : Alcool au volant: quelle réglementation chez nos voisins européens

  • Renforcer la protection des piétons

Le Premier ministre compte aider les collectivités locales à « redéfinir les emplacements de stationnement pour mieux accroître la visibilité à l’abord des passages piétons », a expliqué Edouard Philippe. La vidéoverbalisation pourra notamment être utilisée pour sanctionner le non-respect des règles de priorité pour les piétons.

  • Récompenser les bons conducteurs

Le nouveau plan du gouvernement ne se veut pas seulement répressif. Edouard Philippe a donc demandé au CISR de mener une réflexion pour que les pouvoirs publics puissent éventuellement récompenser les bons conducteurs. « Nous voulons encourager les conducteurs exemplaires. Trente-sept millions de Français possèdent en effet  leurs 12 points de permis de conduire », a rappelé Edouard Philippe.

  • Une application attendue cet été

L’ensemble de ces mesures devrait être pris par décret, modifiant ainsi le Code de la route, sans passer ainsi par un débat parlementaire. Les premières mesures ne devraient pas être appliquées avant l’été prochain.

À lire : Baisse de la vitesse à 80 km/h: quel serait le montant de la facture?

Pauline Ducamp et Julien Bonnet

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