Suicide d’une interne à Paris, l’heure est au recueillement (Pascal Thomeret)! « C’est devenu une habitude pour nous, jeunes médecins, en formation, d’apprendre le suicide d’un confrère, d’une consœur, de nos collègues médicaux, paramédicaux dont l’encadrement des risques psycho-sociaux n’est pas à la hauteur. »! Après les services de police et gendarmerie, ce sont les jeunes médecins. ..mais où va donc cette société maltraitante?

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Suicide d’une interne à Paris, l’heure est au recueillement

Pascal Thomeret

| 26.01.2018

By Pascal Thomeret
Photo d’illustration
Crédit Photo : S. Toubon
Zoom

L’année a débuté tristement chez les jeunes médecins. Trois internes ont successivement perdu la vie ces derniers jours à Strasbourg, Mirande (Lot), puis à Paris ce mercredi.

À Strasbourg, un interne en médecine générale de 25 ans a succombé mercredi 17 janvier à un malaise cardiaque survenu cinq jours plus tôt au service Gériatrie des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) où il était en stage.

A Mirande, il y a une semaine, une jeune lotoise de 26 ans, Marine, interne en médecine générale, a trouvé la mort dans un accident de la route en rentrant de stage.

Plus préoccupant peut-être, ce jeudi 25 janvier, l’Intersyndicale nationale des internes (ISNI) a annoncé sur Twitter le suicide d’une interne en dermatologie, à Paris.

Ce vendredi, dans un communiqué de l’ISNI, titré « Lettre pour Marine », Pierre Hamann, ancien président de l’ANEMF (2011-2012), témoigne, avec l’ensemble des internes en dermatologie de Paris, son « immense tristesse » et rend hommage à l’« étudiante brillante », sa coréférente. « Femme emplie d’enthousiasme, de bonheur, de gaîté qui rayonnait sur son passage, elle nous a quittés brutalement, sans que nous puissions agir, nous laissant ce goût amer d’impuissance », indique-t-il.

« Un profond mal-être »

« Les raisons de son acte sont issues d’un profond mal-être, qui comme bien souvent dans ces circonstances est multifactoriel, écrit Pierre Hamann. C’est devenu une habitude pour nous, jeunes médecins, en formation, d’apprendre le suicide d’un confrère, d’une consœur, de nos collègues médicaux, paramédicaux dont l’encadrement des risques psycho-sociaux n’est pas à la hauteur. »

Le communiqué – ou plutôt la lettre de copains simplement hébétés par ces annonces – insiste sur l’amour profond de l’interne pour son métier, les patients dont elle avait la charge et pour l’heure reste discret sur les éventuelles responsabilités des institutions référentes, du ministère de tutelle, ou de l’AP-HP. « L’heure est au recueillement, au chagrin et au soutien mutuel que nous pouvons nous apporter les uns les autres et à sa famille. »

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