Par ici la sortie… de crise! Une approche intéressante pour créer une société égalitaire et respectueuse de la planète!

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Par ici la sortie… de crise!

mercredi 1er février 2017par Jean-Marie Harribey

Un petit groupe de membres du Conseil Scientifique d’Attac France publie un livre Cette crise qui n’en finit pas : par ici la sortie (Les Liens qui libèrent, 2017) pour tirer un diagnostic sévère sur la situation mondiale et proposer une voie de sortie de ce que l’on nomme « crise ». La chose ne manque pas d’étonner en effet : depuis le début des années 1970, la crise est là, ininterrompue, avec le chômage, les pauvres qui s’appauvrissent, les riches qui s’enrichissent, les gouvernements qui promettent l’embellie et qui font celle des banquiers et des actionnaires des multinationales. Pendant ce temps, le climat se déglingue et la nature est pillée. Il faut donc cesser de parler de crise en général mais caractériser celle-ci comme la crise produite par le capitalisme mondial ayant saccagé les deux piliers de sa prospérité : les humains et la nature.

Le livre décortique les raisons pour lesquelles la productivité du travail progresse aujourd’hui beaucoup moins fortement qu’après-guerre, ce qui entraîne une fuite en avant dans la financiarisation des activités, mais qui ne peut être qu’un palliatif non durable et surtout dangereux. Dangereux pour l’équilibre des sociétés, dangereux également pour l’équilibre des écosystèmes érigés en nouveaux supports financiers soumis à la spéculation. Face à cela, les politiques économiques sont réduites au mieux à des expédients, au pire aggravent les choses en laissant toujours la bride sur le cou aux activités spéculatives des banques et autres institutions financières. La crise vieille de plus de quarante ans n’en finit pas et de nouveaux risques de krachs se profilent.

Mais il n’y a pas de fatalité. Le livre présente une voie de sortie réaliste parce que mettant en cohérence les aspects sociaux et écologiques de la vie dans nos sociétés. Il est construit autour de trois parties. La première partie montre que, derrière les frasques de la finance, qui met régulièrement le monde à genoux, se cache un système productif en panne. Il faut même craindre de nouvelles crises financières. La deuxième partie inventorie les impasses des pseudo-solutions néolibérales : politiques monétaires non conventionnelles, avatars de réformes financières, réformes dites structurelles au détriment du travail, croissance faussement verte. La troisième partie ouvre des perspectives, en proposant de saisir l’occasion offerte par l’épuisement de la croissance économique pour transformer nos systèmes productifs. Trois directions sont précisées : rupture avec la domination de la finance, réduction du temps de travail, et bifurcation des modèles de production et de consommation pour sortir du productivisme et de la crise sociale.

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La crise mise en perspective Il faut remonter aux grandes récessions de 1974- 1975 et de 1980-1982, quand le modèle des Trente Glorieuses a commencé à se détraquer. Les politiques de relance dites keynésiennes ne fonctionnaient plus et un nouveau modèle s’est progressivement mis en place. Mais la raison de fond pour laquelle le modèle qui prévalait jusqu’alors a pu se détraquer ainsi réside dans l’épuisement des gains de productivité 1. C’est en effet la progression de la productivité qui avait jusquelà permis au capitalisme de connaître un (relatif) «âge d’or », en distribuant du pouvoir d’achat tout en garantissant le taux de profit. Pour faire redémarrer la machine, il fallait donc rétablir le profit en tablant sur autre chose que sur les gains de productivité. Et, durant toute la période néolibérale, le capitalisme a effectivement réussi – malgré de multiples à-coups – cette prouesse: rétablir le profit, malgré l’amoindrissement tendanciel des gains de productivité. Comme le montre le graphique 3, la baisse tendancielle du taux de profit, à partir du milieu des années 1960 aux États-Unis (et un peu plus tard en Europe),

 

  1. La productivité du travail est le rapport de la production à la quantité de travail nécessaire. Elle peut se mesurer par tête ou à l’heure. Par tête, elle est égale à la production divisée par le nombre d’emplois. À l’heure, elle est égale à la production divisée par le nombre d’emplois et la durée individuelle du travail

 

Un système économique à bout de souffle  coïncide parfaitement avec l’évolution à la baisse des gains de productivité. En revanche, le retournement à la hausse du taux de profit, qui se produit au cours des années 1980, se réalise alors même que les gains de productivité stagnent durant toute la période néolibérale à un niveau d’environ 2 % par an. Le lien n’est cependant pas complètement rompu : les amples fluctuations du taux de profit correspondent étroitement à celles des gains de productivité. Comment alors expliquer cette progression du taux de profit malgré des gains de productivité réduits ? La réponse à cette question est essentielle parce par ici la sortie 30 qu’elle permet de comprendre la logique du modèle néolibéral. Le facteur primordial est évidemment la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée: c’est là une tendance à peu près universelle, d’ail- leurs reconnue par des institutions comme le FMI ou l’OCDE. Les salaires ont donc ralenti plus vite que les gains de productivité, et la part des profits dans le revenu national a pu augmenter. Les trois principales réponses apportées à cette difficulté du modèle néolibéral sont la redistribution d’une partie des profits à des couches sociales privilégiées qui la consomment, la croissance à crédit et les débouchés offerts par le reste du monde. Le capitalisme néolibéral est donc intrinsèquement associé Mais si cette baisse de la part des salaires a effectivement permis de rétablir le taux de profit, elle ne pouvait suffire en elle-même à assurer la dynamique du capitalisme. En effet, un problème de débouché pour la production, c’est-à-dire de «réalisation» du profit, se pose immédiatement: qui va acheter les marchandises produites par des salariés dont le pouvoir d’achat progresse moins vite que la valeur produite ?

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