France 4 disparaît de la TNT, et les autres mesures de la réforme de l’audiovisuel public Révolution sur le service public! Un article publié par L’Express a créé la polémique. L’hebdomadaire affirme que le chef de l’Etat en a parlé comme de « la honte de la République »

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04/06/2018 11:09 CEST | Actualisé il y a 6 heures

France 4 disparaît de la TNT, et les autres mesures de la réforme de l’audiovisuel public

Révolution sur le service public.

AFP
France 4 disparaît de la TNT, et les autres mesures de la réforme de l’audiovisuel public

POLITIQUE – France 4 disparaît de la TNT, des pistes de réflexions sur l’avenir de France Ô, une plateforme de « fact ckecking »… la ministre de la Culture Françoise Nyssen dévoile, lundi 4 juin, sa réforme de l’audiovisuel public. Une réorganisation voulu par l’Élysée pour fin 2018 et qui inquiète déjà les syndicats.

« Nous nous sommes concentrés sur la transformation de l’offre parce que c’est ce qui concerne le public aujourd’hui », explique la ministre de la Culture. Le calendrier législatif de la réforme de l’audiovisuel public a été quant à lui repoussé à « courant 2019 » avec des lois sur « la réforme de la gouvernance », « le financement » qui passera par une révision de la redevance, et « la régulation à l’heure du numérique », qui devrait inclure une modernisation des pouvoirs du CSA.

Sans trancher sur les sujets majeurs comme la présidence unique pour tous les médias publics, Françoise Nyssen dévoile une réforme qui se veut tournée vers cinq piliers: « l’innovation, la création, l’éducation, la proximité, l’information. »

• France 4 disparaît de la TNT

France Télévisions devra libérer « au moins le canal hertzien » de sa chaîne jeunesse France 4, afin de recentrer sur le numérique son offre dédiée au jeune public, annonce la ministre de la Culture, sans préciser si le contenu de la chaîne sera diffusée ailleurs.

Françoise Nyssen ne s’avance pas non plus sur un éventuel passage de franceinfo sur le canal 14, aujourd’hui occupé par France 4.

« Je rappelle que l’attribution des fréquences n’est pas une prérogative du gouvernement, mais du Conseil supérieur de l’audiovisuel », explique-t-elle, tout avouant que la place actuellement allouée à la chaîne d’informations du service public est un « handicap. »

• Réflexions sur l’avenir de France Ô

Quant à France Ô, « il faudra interroger nos concitoyens d’outre-mer et leurs élus pour déterminer si l’avenir est au maintien de France Ô sur le canal hertzien ou au contraire au renforcement des offres numériques des Outre-Mer Premières », ajoute la ministre avant de préciser: « la question de l’avenir de France Ô est un des chantiers confiés à la future mission de concertation. »

• Plus de programmes régionaux sur France 3

Françoise Nyssen a, en revanche, tranché sur France 3. La ministre veut y voir trois fois plus de « programmes régionaux ». « Aujourd’hui, France 3, ce n’est que deux heures de décrochage régional par jour. L’identité de France 3 sera donc recentrée sur cette mission fondamentale qu’est la proximité. Je souhaite que l’on multiplie par trois les heures de programmes régionaux », explique la ministre. Elle évoque également une « coopération ambitieuse » entre France 3 et France Bleu qui devra déboucher sur un médias porte-voix des territoires.

« Dès l’automne, France Bleu et France 3 lanceront des expérimentations dans deux régions. L’info autrement sera ainsi portée par le service audiovisuel public. Deux villes françaises se réveilleront bientôt avec une matinale commune de France Bleu et France 3. Cette expérimentation doit nous permettre de préciser les contours de la coopération », précise la ministre de la Culture.

• Deux plateformes en ligne et « décryptage des fausses nouvelles »

Françoise Nyssen confirme également deux projets de plateformes en ligne, qui regrouperont des contenus issus des groupes de l’audiovisuel public.

La première, dédiée à la culture, sera lancée « fin juin », et la seconde ciblera la jeunesse. Le but? « reconquérir le jeune public. » Autre illustration de cette politique de regroupement de contenus, le site de Franceinfo hébergera dès mercredi 6 juin une « plateforme commune de décryptage des fausses nouvelles ».

Sans trancher pour le moment sur le sujet d’une présidence unique pour tous les médias publics, Françoise Nyssen confirme le cap fixé aux entreprises du secteur: « les synergies entre sociétés vont se développer, pour permettre à l’audiovisuel public d’innover, de gagner en performance et en visibilité ».

« Il faudra également qu’elles dégagent des gains d’efficience et des économies pour financer les priorités. Il y a des marges de manœuvre, nous le savons, et la mutation des sociétés passe aussi par une profonde transformation de leur organisation et de leur mode de management », dit-elle encore, sans chiffrer à ce stade les gains espérés.

LREM

L’Express affirme qu’il a dénoncé « une honte pour la République ». Aucun des participants ne confirme ces mots.

AURORE BERGE
Devant les députés LREM, Macron dresse « un constat sévère » sur l’audiovisuel public.

POLITIQUE – C’est l’une de ces réceptions qu’Emmanuel Macron a pris l’habitude d’organiser. Depuis la rentrée, il enchaîne à l’Elysée des réunions où il reçoit les membres de la majorité (LREM et Modem) des commissions de l’Assemblée. Une semaine ce sont les membres de la commission des Finances, la semaine suivante ceux des Affaires sociales.

Ce lundi, venait le tour des parlementaires de la commission des Affaires culturelles qui touche aussi bien à l’éducation qu’au sport en passant par les médias.

Au sujet de l’audiovisuel public (France Télé et Radio France, notamment), un article publié par L’Express a créé la polémique. L’hebdomadaire affirme que le chef de l’Etat en a parlé comme de « la honte de la République ». « Cette déclaration est une insulte pour les personnels, les téléspectateurs et les programmes de l’audiovisuel public », a dénoncé la CGT de Francetélévisions.

Aucun des participants à cette soirée que Le HuffPost a pu contacter ne confirme cependant l’utilisation de ces mots. L’entourage du chef de l’Etat non plus. Auprès de L’Obs, l’Elysée a même « démenti formellement ». A l’Assemblée les députés Aurore Bergé et Gabriel Attal on également démenti catégoriquement ces propos.

Ce dernier reconnait cependant qu’Emmanuel Macron a dressé « un constat sévère » contre l’audiovisuel public. « Il a fait part de la nécessité de réformer en profondeur ce secteur », confirme Gilles Le Gendre, porte-parole des députés LREM.

Des pistes explosives à l’étude

Cette réception des parlementaires s’inscrit dans un contexte tendu. L’exécutif pourrait annoncer dans les prochaines semaines une réforme qui devrait faire parler. Plusieurs pistes sont à l’étude dont certaines ont fuité récemment dans Le Monde. Ce scénario préparé (mais non validé) par le ministère de la Culture entraînerait jusqu’à 5000 suppressions de postes selon la CFDT.

Il y est question de créer une holding qui regrouperait les sociétés du secteur, une hypothèse pourtant régulièrement rejetée par ses principaux dirigeants.

Mais aussi un « rapprochement » des réseaux de France 3 et de France Bleu, la fermeture des bureaux régionaux de France 2, l’arrêt de France Ô (chaîne de France Télévisions dédiée aux Outremers) ou encore la fin d’une diffusion hertzienne de France 4 et de la radio Le Mouv, qui passeraient à un modèle exclusivement numérique, sans oublier une « reconfiguration » des orchestres de Radio France.

Lire aussi :

• Après sa première mesure d’audience, Franceinfo a encore « du chemin à faire »

• Les pistes explosives du gouvernement pour réformer l’audiovisuel public

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