La vérité est ailleurs

Deutsche Bank, un Lehman Brothers en pire au coeur de l’Europe! Spéculations dangereuses et déficit monstrueux !

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Dix ans après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, l’inquiétude gagne les milieux financiers à propos de la Deutsche Bank, un établissement beaucoup plus systémique.

Deutsche Bank, un nouveau Lehman Brothers ? L’état de santé du mastodonte allemand, onzième plus grande banque mondiale en nombre d’actifs financiers détenus (1.769 milliards de dollars) questionne, pour ne pas dire inquiète. Dégradation de sa note par l’agence de notation S&P en juin, annonce de la suppression de 7.000 postes en mai, amende l’an dernier de 7,2 milliards de dollars aux États-Unis pour son rôle dans la crise des subprimes, trois années de pertes consécutives… L’action a chuté de moitié depuis janvier et l’avenir ne s’annonce pas radieux.

Un avis que partagerait Dominique Strauss-Kahn, interrogé début septembre par l’AFP à l’occasion des dix ans de la faillite de Lehman Brothers. Au cours de l’entretien, l’ancien directeur du Fonds monétaire international a évoqué un hypothétique problème pour l’établissement qui doit fêter ses 150 ans en 2020 : “Nous avons fait quelques progrès, notamment dans les ratios de capitalisation des banques. Mais c’est très insuffisant. Imaginez que demain la Deutsche Bank ait des difficultés, ce n’est pas les 8% de capital (ndlr : en réalité 13,7%) dont elle dispose qui vont résoudre le problème. En vérité, on est moins bien préparé”.

“Le cas Deutsche Bank est un tabou dans les milieux financiers”, explique à Capital le responsable macroéconomique d’une grande banque européenne qui souhaite conserver son anonymat. “C’est le maillon vulnérable de la chaîne à cause de son exposition aux produits dérivés”, souligne-t-il. Selon son bilan financier publié le 31 décembre dernier, celle-ci s’élève à 48.000 milliards d’euros. Une somme colossale. À titre d’indication, c’est plus de 24 fois le montant de la dette publique allemande.

Concrètement qu’est-ce qui ne va pas avec Deutsche Bank ? Le problème est ancien et remonte aux prémices de la précédente crise financière. Comme beaucoup d’autres, le géant allemand a spéculé sur les subprimes, ces produits financiers regroupant des crédits immobiliers accordés à des ménages américaines insolvables. Quand tout s’est écroulé fin 2008, la Deutsche Bank a tremblé… mais a tenu. Elle a même écarté l’éventualité de se faire renflouer par l’État allemand au contraire sa rivale Commerzbank : “J’aurais honte si nous acceptions l’argent public pour faire face à la crise”, déclarait alors son ancien président du directoire Josef Ackermann. Longtemps Berlin a repoussé cette échéance pour ne pas perturber ses négociations dans le cadre de l’Union bancaire. Le gouvernement a notamment opéré un tour de passe-passe en la faisant fusionner en 2010 avec la Poste (Postbank) pour lui faire bénéficier de ses solides dépôts. Désormais, il se murmure qu’une nouvelle fusion, avec Commerzbank cette fois, serait à l’ordre du jour.

“On sait tous que Deutsche Bank devra être renflouée lors de la prochaine crise, mais c’est un autre morceau que Lehman Brothers”, indique notre expert. Celui-ci estime qu’un renflouement fera exploser la dette publique allemande de 60% à 90%. “C’est budgétairement gérable sur le papier, mais les conséquences sur le système financier seront désastreuses et on échappera difficilement à la panique bancaire”. Le mécanisme est malheureusement connu : les banques auront peur de se prêter de l’argent entre elles sur le marché interbancaire et “très rapidement les crédits pour les ménages et les entreprises seront coupés, comme en 2008”, juge-t-il avant de prophétiser un sombre destin : “C’est une grosse bombe à retardement, on sait que ça va exploser. On ne sait juste pas quand”.

Mise à jour – Deutsche Bank a souhaité apporter quelques précisions par rapport à cet article : « Certes la rentabilité de la banque n’est pas à la hauteur de nos ambitions, cela a été reconnu par notre management et fait l’objet du plan stratégique présenté au printemps. Mais la solidité financière n’est en aucun cas remise en cause. Ni par les régulateurs, les analystes, les actionnaires, les employés ou les clients. Deutsche Bank a un profil financier très solide. Nous avons aujourd’hui 63 milliards d’euros de capitaux propres et environ 280 milliards d’euros de liquidités. »

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